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Un antifouling écolo, le dilemne


La première chose à laquelle nous avons pensée quand nous avons décidé de nous lancer dans ce fou projet, c'est la chose la moins écolo d'un bateau: son antifouling.

Notre bateau allait être plusieurs mois à l'eau en automne/hiver à Marseille, puis dans des eaux de plus en plus chaudes au fil des escales, jusqu'à des eaux tropicales aux


Après des semaines de recherches, plusieurs options s'offraient à nous :

- ne rien mettre, et gratter, gratter, plonger pour gratter peu importe la saison, et gratter Micheline !

- le système à ultra sons

- le Coppercoat : oxyde de cuivre

- le Finsulate : des bandes adhésives à micro-picots (c'est le système de l'oursin : les picots empêcheraient le fouling de s'installer) qui est posé sur la partie de la coque immergée. La coque s'auto-nettoierait en navigation grâce à la vitesse.

- le MacGlide : un film adhésif en silicone qui est posé sur la partie de la coque immergée. La coque s'auto-nettoierait en navigation grâce à la vitesse.

- l'antifouling classique et le le semi-érodable, pleins de biocides

- l'antifouling à matrice dure (celui qu'on a choisi)


Trouver une solution 100% écologique est compliquée quand on sait que l'objectif final est d'éviter que le "fouling" (l'encrassement -micro-algues, coquillages...- de la coque immergée) ne puisse s'attacher à la coque.

Les inconvénients du fouling sont qu'il ralentit le bateau, peut abîmer la coque, mais surtout qu'il peut propager des micro-organismes invasifs et nocifs pour la faune et la flore dans d'autres eaux.


📍Finsulate/MacGlide : TROP CHERS. Nous avons échangé par visio avec Finsulate car cela nous paraissait la meilleure option pour notre projet. Et puis on a appris le prix : 4000€. Ça pique... Idem pour le MacGlide. Tous les avis n'étaient pas 100% positifs, ce qui refrène à y mettre autant d'argent, surtout que la pose ne peut pas être faite par soi-même.


📍Le grattage : INTERDIT DANS LE PORT. Nous nous sommes alors dit "tant pis, on grattera". Et puis on a appris qu'il était interdit de plonger dans l'eau du port, endroit où a été pendant plusieurs mois notre bateau. Sachant qu'en lisant à droite à gauche, on nous conseille un grattage toutes les semaines/10 jours... On n'a pas regretté ce non-choix quand l'hiver est arrivé !!!


📍Le système à ultra-sons : QUID DES EFFETS SUR LA FAUNE MARINE ? Une installation, assez coûteuse, dont on ne connait pas encore bien les effets sur la faune marine. Et on a pensé aussi à nos poulettes à bord... Le système crée des micro-bulles sur la coque, donc il doit être allumé en permanence, ce qui nécessite une consommation en électricité supplémentaire aussi.


📍Le Coppercoat : DE L'OXYDE DE CUIVRE. Bien que moins nocif pour l'environnement que les antifoulings classiques et garanti 10 ans, cela reste de l'oxyde de cuivre qui tue les micro-organismes, notamment les larves de poissons, et qui pollue l'eau. Le prix n'est pas non plus donné.


📍 L'antifouling érodable et semi-érodable: PLEIN DE BIOCIDES. La question ne s'est même pas posée, pour vous dire ! L'antifouling disparaît au fil des navigations au fur et à mesure, et plus rien au bout d'un an. C'est un film qui devient partiellement soluble dès sa mise à l'eau. L'épaisseur de peinture diminue progressivement, renouvelant en permanence la matière active (biocides


📍L'antifouling à matrice dure : UN COMPROMIS BUDGET/ENVIRONNEMENT. La matrice dure limite l'érosion de la peinture, donc des biocides. Il y a donc des biocides oui, mais bien moins qu'avec un antifouling érodable ou semi-érodable.

"La matrice dure donne après application et séchage un film de peinture dur et poreux. Les biocides sont contenus dans le film et se libèrent au contact de l'eau pour empêcher les salissures. Cette libération contrôlée se fait tout au long de la saison jusqu'à ce que la majeure partie des biocides disparaissent ne laissant sur la carène qu'un film dur. " Cf. l'article du Figaro Nautisme.

Après des comparaisons côté empreinte écologique, nous avons choisi le Altura 619 de Boero (recommandé pour tous types de coque sauf aluminium, sans biocide à étain organique).


Un moindre mal donc. Espérons qu'avec le temps des entreprises développement des produits efficaces ET respectueux de l'environnement. Bienvenue chez les Bisounours ? On espère que non !

Depuis 1998 la règlementation européenne est de plus en plus stricte concernant les biocides autorisés dans les produits.


On espère que cet article soulèvera des doutes. Il n'y a pas de solution parfaite, suivant le type de bateau (bois, acier, aluminium, à moteur, voilier...), le projet (eaux froides, chaudes, bateau au port, naviguant beaucoup...), et le budget bien sûr!

Nous avons choisi celle la mieux adaptée à notre projet bateau, à votre tour !

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